Les balades patrimoniales
Ce projet est un véritable challenge pour la commune. Il a pu être réalisé grâce à la volonté de l'équipe communale.
Gwen Foéon Kervella, conseillère municipale, a pris en charge les recherches historiques, des éléments iconographiques et l'écriture des 11 stations patrimoniales. Les panneaux ont été traduits en anglais et en breton et la création graphique a été réalisée par le studio daoulasien "Cerise Griotte".
C'est une invitation à la balade, à la fois pour les habitants pour mieux connaitre l'histoire de sa commune. C'est aussi une réponse aux nombreuses demandes des touristes, chaque année de plus en plus nombreux.
Veuillez trouver ci-dessous le document en PDF que vous avez pu découvrir lors de votre balades.
Liste de pièces jointes
Daoulas
Daoulas, 1867 habitants*, est une petite ville traversée par deux cours d’eau principaux, la Mignonne - qui à l’origine s’appelait le Daoulas - le Lezuzan et, moins connu, le Lohan. Elle se niche en fond de rade de Brest, entre Léon et Cornouaille, en pays Kernevodez (nom de la coiffe carrée portée autrefois à Daoulas et qui signifie également « Cornouaille »).
Le nom de la cité apparaît déjà dans les textes médiévaux sous la forme Daoulasium. La légende raconte qu’en 510, le seigneur du Faou, violent et païen, organise une expédition punitive contre des moines en réunion à proximité de son fief. De sa propre main, il tue les abbés Tadec et Judulus. Seul le moine Jaoua de Landévennec échappe au massacre. Accompagné de son oncle Paul Aurélien, évêque de Léon, il se rend au Faou, obligeant le seigneur à fonder un monastère sur les lieux de son crime. Selon une étymologie populaire, le nom de la cité viendrait de cette histoire tragique, dérivé de daou signifiant “deux” et laz signifiant “meurtre” en breton. Mais l’analyse toponymique nous apprend que le nom de Daoulas est issu de la localisation d’une motte féodale au confluent des deux rivières : en breton daou signifiant en effet “deux” et (g)las pour “ru, ruisseau”.
Le charme de Daoulas a inspiré poètes, peintres et écrivains tels Pol de Courcy, Emile Souvestre, Eugène Boudin, Gustave Flaubert, Félix Benoist entre autres.
Nous vous invitons à découvrir Daoulas et à vous laisser charmer tout au long de votre promenade par sa grande richesse patrimoniale et ses paysages variés. Nous vous souhaitons une agréable promenade dans notre ville et de jolies découvertes !
*recensement 2019-2021
Port, quai, estacade et activités
Le port se développe essentiellement entre le XIIIe et XVe siècles. Au Moyen-Âge, Daoulas est très prospère. Les seigneurs locaux tiennent des registres précis des marchandises qui vont et viennent en bateau, notamment du vin de la région bordelaise et du sel de Saintonge ou de Guérande, pour ravitailler les moines de l’abbaye. À cette même époque, la kersantite, roche découverte à Kersanton (Loperhet) est utilisée pour la construction d’édifices religieux et de maisons mais également pour la fabrication des boulets de canon. En 1474, 1 800 pierres à canon sont exportées à Nantes. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, des caboteurs livrent beurre, vin, eau-de-vie, fer et charbon. Mais le trafic portuaire commence à décliner à partir du milieu du XVIIIe faute d’infrastructures et de routes praticables. Dans les années 1950, c’est le maërl (amas de débris d’algues calcaires et de coquilles, mélangé à du sable servant à amender les sols) qui est déchargé au port.
La ville est par ailleurs connue pour sa fabrication de toile de lin, essentiellement utilisée pour les usages du quotidien. Au XVIIIe siècle, une vingtaine de métiers à tisser est dénombrée dans la commune et ses alentours.
La ville se développe de manière considérable de 1850 à 1930, notamment après l’inauguration de la route impériale qui modifie l’axe Landerneau - Daoulas et l’implantation de plusieurs industries le long de la rivière. La ville continue de s’étendre au gré des implantations de zones pavillonnaires ou d’activités commerciales et multiplie, dès 1980, sa superficie par 5.
Le port ne bénéficie pas d’infrastructure avant l’estacade (dont on devine encore les vestiges dans la vase à marée basse) et la construction du quai en août 1860. Le commerce de la porcelaine et la livraison de granit pour la construction du viaduc ferroviaire au-dessus de la Mignonne, entre 1860 et 1866, relancent pendant un temps le trafic maritime.
De nombreuses espèces d’oiseaux hivernent et nichent dans l’estuaire : aigrettes, hérons, courlis, mouettes, cormorans...
La fabrique de porcelaine (faïencerie)
En 1800, un gisement de kaolin est découvert à l’Hôpital-Camfrout. Mais ce n'est qu'en 1855 qu’une fabrique de porcelaines est créée. Communément appelée faïencerie par les Daoulasiens, il s’agit bien d’une manufacture de porcelaine. Victor Marchais, ingénieur de la région de Limoges, en prend la direction en 1864. A son décès en 1891, la fabrique cesse de fonctionner.
La qualité de la porcelaine que l’on y produit, blanche ou légèrement teintée (brun clair à foncé), sans décor, est d’une qualité telle qu'elle peut rivaliser avec celle de Limoges ou de Bayeux. Victor Marchais en fait même exposer quelques pièces à l’exposition universelle de Paris, en 1878. Elle est quasi exclusivement vendue à Daoulas sur le champ de foire, lors des marchés.
A son apogée, l’usine compte une cinquantaine d’ouvriers, de Daoulas et des bourgs environnants, dont un tiers de femmes et un enfant de 8 ans.
Moulin du Pont
Datant de la seconde moitié du XIIe siècle, le moulin est antérieur à l’abbaye qui date de la fin du XIIe siècle (construite sur les ruines d’un ancien monastère du VIe siècle).
Les premiers utilisateurs de cet ultime vestige de l’implantation féodale à Daoulas, sont les moines qui y battent le chanvre, le lin puis le blé. Le passage des hommes, des animaux, des marchandises sur le pont-moulin donne lieu à perception de droits par les moines.
La base du moulin est consolidée au XVe siècle par la pierre de Kersanton. Il ne dispose que d’un étage mais est plus large. En 1880, le meunier décide d’ajouter un second étage et installe un système mécanique afin d’améliorer la production.
Un troisième étage, ajouté en 1936, abrite la machinerie. En 1962, un quatrième étage est construit pour accueillir une soufflerie électrique. L’installation de pompes pneumatiques permet l’aspiration du grain. Le moulin a, par ailleurs, une particularité : c’est un moulin à pirouette, la roue tournant à l’horizontale, sous l’édifice.
L’activité du moulin s’arrête totalement au début des années 70 et le bâtiment est laissé à l’abandon.
En 1998, la ville de Daoulas rachète le moulin pour le restaurer et en faire un écomusée.
Motte féodale, venelle et fontaine Saint Nicolas. Ancien lavoir
A l’emplacement de la cheminée de briques rouges, se dresse au VIe siècle, une motte féodale de 7 à 8 mètres de haut, dont le donjon en bois abrite le seigneur et ses soldats et leur permet de voir approcher d’éventuels ennemis. L’édifice surplombe une zone marécageuse et stratégique difficile d’accès pour les ennemis arrivant à pied ou à cheval. Cette zone inhospitalière s’étend jusqu’au quartier du Valy, dont le nom vient du vieux français bayle, désignant la basse-cour et constituant un abri pour les villageois en cas de nécessité. La vue sur l’estuaire est alors dégagée, le moulin n’étant construit que bien plus tard.
La ville prend de l'importance avec l’édification de l’abbaye au XIIe siècle. La motte féodale est transformée en castrum (forteresse).
Tombé en ruines au XVe siècle, le château de Daoulas a aujourd’hui totalement disparu, remplacé par des habitations et des jardins sur cet îlot de la rivière (dénommé d’ailleurs “le château” sur le cadastre de 1825). En 1877, des textes attestent encore de la présence d’une motte castrale de 8 mètres de haut et de 30 m de diamètre. De même pour la chapelle seigneuriale Saint-Nicolas qui se trouve à proximité, sur l’îlot Nord, détruite en 1905 et dont il ne reste rien sinon une porte intégrée dans la façade du manoir de Kerisit, au centre-ville. Au nord du petit pont enjambant l’étang, il ne reste rien de l’ancien lavoir. Au bout de la venelle, la fontaine saint Nicolas abrite une statue du saint placé à l’origine dans la chapelle.
Ancienne cheminée
C'est le 20 avril 1914 que le sous-préfet de Brest autorise l'implantation à Daoulas, au lieu-dit "l'étang", d'une usine de blanchiment de coton pour les poudreries, sollicitée par un industriel de Brest.
L’usine devient une conserverie en 1924. La cheminée en briques rouges mesure à l’origine plus de 30 mètres de haut. Elle surplombe l’usine de M. Madec, pêcheur de coquilles Saint-Jacques, originaire de Logonna-Daoulas qui installe son entreprise à cet endroit. Son commerce de coquillages ayant périclité, il se reconvertit dans la conserverie de légumes.
Dans les parages, existe également une usine de séchage de chicorée créée en 1907. Une scierie mécanique est implantée en 1910 à proximité du lavoir qui n’existe plus aujourd’hui.
Cette placette (du Dr Castel) débouche sur la route de Brest, ancienne route nationale aménagée pour le passage de Napoléon III et sa femme l’impératrice Eugénie en 1858. De nombreuses constructions, notamment de belles demeures à encorbellement, sont rasées pour permettre le passage de l’imposant cortège impérial parti de Brest pour rejoindre Quimper.
La cheminée, dont ne subsiste que la base, est détruite en 1986 car elle menace de s’effondrer.
Champ de foire et rue de la Grande Cohue
Nous sommes ici dans le centre historique de Daoulas, qui s’est développé vers la rue Pen ar Guer “Bout du Village”, autrefois dénommée la rue Guermeur, puis de la Grande Cohue. En latin médiéval, le terme cohua signifie « halle » tout comme en breton le mot koc’hu ; le sens d’assemblée tumultueuse vient plus tard, au XVIIe siècle.
Ces rues structurent véritablement l’organisation de la ville. Les accusés sont par ailleurs jugés ici, en place publique.
La place du champ de foire Marc’hallac’h possède des halles qui sont détruites au XVe siècle lors d’un incendie. Ce marché est très fréquenté par les habitants de Daoulas mais aussi des communes environnantes, les denrées arrivant par le port. Il accueille jusque dans les années 1980 une foire aux juments poulinières. L’ancienne balance servant à peser le bétail subsiste à l’est de la place, dominée par un calvaire de 1590.
Réaménagé en 1878, le champ de foire est abandonné au profit de la place Saint-Yves qui accueille de nos jours, tous les dimanches matins, un marché renommé perpétuant ainsi la tradition marchande de la ville.
Cette rue nous mène au carrefour des Sept saints (sur la gauche lorsqu’on se place face au calvaire).
Carrefour des Sept Saints
Ce carrefour, autrefois principal axe de communication au centre historique de Daoulas, relie la rue du Pont, la venelle des Orfèvres, la rue de la Grande Cohue (Pen ar Guer) et la rue de l’Église. Le nom des sept saints fait référence aux sept saints bretons : Malo, Brieuc, Pol Aurélien (Saint-Pol de Léon), Samson (Dol-de-Bretagne), Tugdual (Tréguier), Corentin (Quimper) et Paterne (Vannes), qui, associés aux villes qu’ils ont fondées, sont des étapes sur le chemin du plus grand pèlerinage breton, le Tro Breizh (Tour de Bretagne).
Une célèbre légende raconte aussi qu’une femme très pauvre, mère de plusieurs enfants, met au monde sept enfants en même temps. Les habitants, effrayés par une telle fécondité, chassent la mère et sa progéniture de la ville de Daoulas. En prenant la direction de Brest, elle jette un sort sur la cité : Brest var cresq, Daoulas va discar. Por saofo eun ty, é couézo tri, ce qui signifie : Brest se développera, Daoulas déclinera. Quand on bâtira une maison à Brest, il en tombera trois à Daoulas.
La rue de l’Église, dont l’existence est attestée au moyen-âge, est l’axe principal de Daoulas jusqu’au XIXe siècle. Les familles les plus riches de Daoulas y habitent, dans de belles maisons bourgeoises. Elle conserve des éléments d’architecture remarquables comme la maison de Jérusalem, ornée de deux gargouilles, sans doute l’une des plus anciennes de la rue, construite par les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem et liée à la chapelle sainte Anne qui est alors un hôpital pour les pèlerins.
Au milieu de la rue, la maison de l’évêque de Quimper qu’il occupe lors de ses séjours à Daoulas est ornée, au-dessus de la porte d’un visage du Christ et un blason vide, symbole de noblesse, martelé pendant la Révolution française.
Plus haut, l’ancienne mairie (à cette adresse jusqu’en 1979) et l’école datant de 1869 (fermée dans les années 60). Dans le prétoire se règlent les affaires de justice, notamment les conflits relatifs à la propriété foncière. En face, divers commerces et auberges accueillent les passants dont certains célèbres tels Gustave Flaubert et Maxime du Camp lors de leur fameux voyage en Bretagne (« Par les champs et par les Grèves » – édité en 1881).
Chapelle Sainte Anne
La chapelle Sainte-Anne, hospice créé par l’ordre de Saint Jean de Jérusalem jusqu’en 1429, est remaniée en 1667. Un dortoir, à l’arrière, jouxte la chapelle pour accueillir les pèlerins en route pour Saint-Jacques de Compostelle, Rocamadour ou effectuant le Tro Breizh. Après la Révolution, la chapelle sert de local pour accueillir les réunions du corps politique afin de délibérer des affaires de la paroisse. Les pierres de son transept, démoli au XIXe siècle, servent à la construction du presbytère. Son porche est en pierre de Kersanton, le reste de l'édifice en pierre de Logonna. Le clocher abrite trois cloches dont l’une est fondue en 1658. La chapelle est classée monument historique en 1862.
Sur le porche, des colonnes corinthiennes entourent sainte Anne et la Vierge Marie. En bas à droite, on retrouve Joseph (l’époux de Marie) et à gauche Joachim (l’époux d’Anne).
A proximité, le calvaire du XVe siècle illustre les scènes de la Crucifixion à l’ouest, et de la Nativité à l’est.
Chapelle Saint Roch
Nichée dans son petit coin de verdure, surplombant la cité, cette jolie chapelle s’élève sur un site très ancien, comme en témoigne une croix romane monolithe en granit érigée à proximité. Les archives les plus anciennes attestent une présence gallo-romaine et, peut-être, un fanum (temple). Le site est christianisé par la construction de cette chapelle dédiée à Saint Roch, invoqué pour arrêter la peste. Une épidémie ravage en effet la région en 1597. Son architecture modeste actuelle date du XVIIIe siècle.
Le viaduc
Le viaduc de Daoulas, construit au-dessus de la rivière de Daoulas (aujourd’hui dénommée la Mignonne) entre 1860 et 1866, est en granit de l'aber Ildut. Les blocs de pierre sont acheminés par gabares jusqu'à l’estacade puis au quai de Daoulas, construit à cette occasion. Ce viaduc, mis en service en 1871, long de 357 mètres et haut de 38 mètres, est construit par M. Leturc. La population de Daoulas augmente considérablement à l’époque de son édification. Sa construction laborieuse est endeuillée par plusieurs accidents mortels : l'un d'entre eux, survenu le 19 mars 1867, implique un jeune garçon de 14 ans, employé comme aiguilleur sur le chantier, qui est victime d’un wagon lui passant sur le corps alors que l'ensemble du train, un convoi de chantier chargé de matériaux de construction, bascule dans le vide.
Un sentier vous invite à découvrir ce monument imposant qui ne manque pas d’élégance.







Site créé en partenariat avec Réseau des Communes